LE 05 OCTOBRE 2012 : LE GOUVERNEMENT CONFISQUE LES MANIFESTATIONS A YAOUNDE

mercredi 24 octobre 2012
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Depuis que le gouvernement a accepté le principe de la célébration de la JME sur insistance des syndicats, il en a confisqué les manifestations à Yaoundé. Tandis que dans l’ensemble du territoire, les syndicats sont associés à l’organisation de la manifestation, à Yaoundé, le gouvernement s’est arrogé le monopole de l’organisation de cette journée. Quand en 1998 le gouvernement consent enfin- après avoir interdit toute forme de manifestation pendant la journée du 05 octobre durant des années-, à organiser des activités commémorant la JME, il invite les syndicats des enseignants à la préparation de l’évènement, et ce, trois années durant. Le point d’achoppement aura toujours été le mot que les enseignants devaient prononcer lors des manifestations. Naturellement, les syndicats, en tant que représentants des enseignants, revendiquaient le droit de la rédaction de la communication qui allait être lue à l’endroit du gouvernement. Celui-ci dans un premier temps, la rédigeait et choisissait l’enseignant qui devait le lire, comme au bon vieux temps du parti unique. Les syndicats ayant menacé de se retirer de « la fête », un compromis fut alors trouvé : les syndicats devaient, en collaboration avec les représentants du gouvernement, rédiger le mot des enseignants qu’un syndicaliste devait lire le 05 octobre. Mais, c’était oublier que l’Etat du Cameroun n’adhère que formellement à tout ce qui concerne les libertés individuelles, et travaille activement à les enchainer dans l’effectivité. Quelle n’aura donc pas été notre surprise pendant deux éditions de la JME, de constater qu’après avoir rédigé une communication consensuelle, qu’une dithyrambe à la gloire du gouvernement était lue par un enseignant désigné par le gouvernement ! Une tactique digne d’un Etat stalinien qui refuse toute expression de la dissonance. L’ayant compris, les responsables syndicaux vont se contenter pendant des années, de venir présenter leurs revendications avec des pancartes pendant que le gouvernement jouait sa sinistre comédie sur les dos des enseignants broyés par des conditions de vie et de travail dignes des prolétaires. Mais, cette tactique elle- même a montré ses limites, puisque les enseignants, en dehors de ceux qui occupent des postes de responsabilité, boycottent carrément les manifestations gouvernementales. Depuis que les syndicalistes n’y vont plus, la JME est monotone à Yaoundé ; elle est d’ailleurs devenue « la fête » des enseignants où orgies et beuveries ont étouffé les appels l’amélioration des conditions de vie et de travail du corps enseignant. Les enseignants ont abandonné au gouvernement sa « fête ». Et même s’il ne le dit pas, il doit bien s’ennuyer de célébrer sa propre gloire chaque année devant « ses » responsables administratifs qui eux-mêmes ne croient pas en leur « hiérarchie », et ne sont là que par crainte de représailles. Mais, les syndicats planifient la reprise de leur Journée. A partir de 2013, c’est la voix des enseignants qu’on devra entendre et non celle des mensonges du gouvernement.


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