L’ECOLE CAMEROUNAISE SE MEURT

mercredi 4 mai 2011
par Mbassi Ondoa Thobbie
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Cher parents, la loi n°98/004 du 14 avril 1998 portant Loi d’orientation de l’Education au Cameroun institue en son article 32 le concept de Communauté éducative dont la mise en oeuvre se fait par les conseils d’école et d’établissement créés par le décret n°2001/041 du 19 février 2001 du Président de la République. Dès lors, le fonctionnement et la gestion de l’Ecole deviennent plus que jamais une affaire publique dont la responsabilité est partagée entre les Pouvoirs Publics, les parents et les enseignants...

Pour le bon accomplissement de leur délicate mais ô combien exaltante mission, les Enseignants, principaux artistes du système éducatif, doivent disposer de moyens suffisants pour faire face aux multiples exigences non négociables liées à leur métier qui sont ; la ponctualité au service, l’assiduité au poste, la préparation des cours et la correction des devoirs à la maison, la formation permanente, la documentation...

Or, depuis la baisse drastique des salaires à concurrence de 70 % dans la Fonction Publique en Novembre 1993 suivie de la dévaluation du Franc CFA en Janvier 1994, les Enseignants sont particulièrement dans un état de paupérisation et de clochardisation très avancé.

Ils ont perdu l’essentiel de leur pouvoir d’achat et ne parviennent plus à assumer pleinement leurs responsabilités pédagogiques.

Dans le même temps et tout à côté d’eux, d’autres corps de métier bénéficient non seulement de salaires élevés, mais aussi d’avantages exorbitants.

Pendant que les Enseignants sont frustrés, découragés et démoralisés, tout est mis en oeuvre pour achever de vider l’Ecole de sa substance, la détourner de sa mission fondamentale : les programmes sont de plus en plus incohérents et inadaptés ; les effectifs sont pléthoriques (entre 100 et 150 élèves par classe) ; la pédagogie est supplantée au Minesec par le financier ; le métier d’Enseignant est devenu un pis-aller, l’Education un foutoir où les recrutements et la formation des Enseignants sont monnayés ; les affectations, les mutations et les nominations se font de manière arbitraire, à la tête du client.

Dans ces forteresses où nul n’entre s’il n’est fils de riche, les enfants reçoivent une éducation exceptionnelle qui les prédispose à être plus compétitifs et à occuper tous les postes stratégiques à l’avenir, condamnant les fils des autres à être des éternels exécutants. C’est cette élite qui va constituer la classe dominante de demain, et dont la mission inavouée est de maintenir le Peuple Camerounais dans l’ignorance et la pauvreté. C’est également dans ce vivier que les différents appareils répressifs recrutent leurs éléments soigneusement moulés dans des écoles spéciales et qui ils accordent aujourd’hui tous les avantages !

Chers parents, il est désormais clair, nous sommes face à une conspiration dont le but ultime est l’instauration d’une aristocratie régnante chargée de reproduire et perpétuer le système actuel de domination et d’expoitation du Peuple.

Très tôt, les Enseignants ont perçu les enjeux de cette stratégie des gouvernants, dont le principal objectif est de ne donner aucune chance aux enfants des pauvres qui pouvaient encore obtenir une meilleure position sociale à travers l’école.

C’est pourquoi ils se sont organisés en syndicats pour s’opposer à ce plan macabre. Faut-il le rappeler, l’Ecole a toujours constitué la voie royale pour toute ascension sociale. Les dirigeants actuels de notre pays en sont la meilleure illustration. (Tous sont les fils de paysans ou de petits commerçants).

Les enseignants refusent aujourd’hui d’être complice de la mort programmée de l’Ecole camerounaise. A travers leur Statut particulier et ses textes d’applications, ils revendiquent de meilleures conditions de travail.

Fidèle à sa logique, le Gouvernement a opté pour le dilatoire, la diversion et la diabolisation afin de réduire à l’impuissance ces instruments de lutte que sont les syndicats d’Enseignants, et ainsi perpétuer l’odieux système de discrimination.

Face à ce refus catégorique des pouvoirs publics d’accéder à leurs revendications légitimes, les Organisations d’Enseignants n’ont plus d’autres voies de recours que les fréquentes actions de grèves, bien souvent réprimées par des arrestations, des affectations, des suspensions de salaire, des révocations et autres intimidations.

Chers Parents, vous êtes des acteurs à part entière de la Communauté éducative. Il est temps de sortir de votre silence coupable et de vous joindre à nous pour :
- dénoncer et éventrer ce complot pernicieux,
- revendiquer une Ecole de qualité qui passe nécessairrement par l’amélioration des conditions de travail des Enseignants,
- interpeller le Gouvernement afin que l’Ecole devienne la priorité des priorités.

Liguons-nous dans nos efforts pour conjurer le complot ourdi par le Gouvernement contre le Peuple Camerounais. C’est au prix de cet engagement que nos jeunes compatriotes auront droit à une éducation de qualité et de haut niveau.

De votre engagement à ce combat dépend désormais l’avenir de nos enfants, celui du Cameroun .

Salutations distinguées


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