Les mesures du système éducatif face au COVID 19

mardi 31 mars 2020
par Administrateur FECASE
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Face à la menace du COVID 19, les ministres en charge de l’éducation ont adopté un certain nombre de mesure pour assurer la continuité des cours. Cependant, lesdites mesures posent des problèmes d’efficacité et de justice. Au Cameroun, nous avons déjà eu l’occasion de le dire, tout le système éducatif est à l’arrêt jusqu’au 02 avril. La décision a été prise à la suite d’un conseil de cabinet tenu le 16 mars et présidé par le premier ministre. Les 13 mesures arrêtées l’ont été unilatéralement par le gouvernement et compte tenu de la montée en puissance de la maladie et de la soudaineté des mesures, les réactions n’ont pas été immédiates. C’est maintenant que les différents syndicats de tous les secteurs commencent à formuler des réactions aux mesures gouvernementales qui, il faut le dire, n’ont pas été suivies de mesures d’accompagnement. Tout laisse croire qu’elles été prises dans la précipitation. Le ministère des Enseignements secondaires a proposé aux enseignants de mettre à la disposition des délégations régionales des cours à publier dans le site créé à cet effet. Dans le primaire, les enseignants ont été priés de déposer des cours dans les directions de leurs différents établissements que les parents viendront ensuite récupérer et remettre à leurs enfants. Dans le supérieur, le télé-enseignement est en cours d’expérimentation. Le problème avec ces mesures est qu’elles ne tiennent pas compte de la fracture numérique dans le pays. Cette fracture est sociale (riche-pauvre), géographique (ville-campagne). Que faire pour ceux qui n’ont pas accès au numérique, telle est l’équation à résoudre. En effet, beaucoup de zones rurales ne disposent pas encore de la connexion internet, ce qui signifie que les élèves de ces localités ne pourront pas accéder aux cours en ligne. Dans les zones urbaines, la connexion n’est pas toujours des plus fluides et tous les parents ne sont pas en mesure de doter leurs enfants d’un téléphone android. Pour le primaire, le problème se pose à un double niveau : l’impression des documents et la capacité des parents à expliquer les cours aux enfants. La fracture évoquée plus haut intervient encore à ce niveau ; le disposition d’impression des cours n’existe pas dans les zones rurales et beaucoup de parents n’ont pas les capacités financières d’imprimer tous les cours qui seront mis à leur disposition. D’un autre côté, on redoute la reprise des classes dans un contexte de maladie avec des classes aux effectifs pléthoriques. Quelles mesures seront prises pour décongestionner lesdites salles de classes ? Si aucune baisse de salaire n’est encore envisagée pour le moment, public et privé confondus, ce que l’on redoute, c’est que l’éventualité de la baisse des salaires ne puisse s’actualiser si la crise sanitaire se prolongeait. Aucune négociation n’a été entamée pour le moment et le gouvernement ne semble pas se soucier de convoquer les partenaires sociaux pour une rencontre d’échanges. Les syndicats de l’éducation vont lancer un appel dans ce sens dans les jours à venir. L’urgence d’une concertation s’impose pour trouver des solutions consensuelles pour la survie de notre système éducatif.


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