les examens au cameroun : deux poids deux mesures

samedi 9 juillet 2016
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Lorsque les personnels des autres corps de métier sont mis en mission, ils sont traités selon la réglementation en vigueur. Mais quand ils s’agit des enseignants, on les traite comme des ouvriers ou des manœuvres payés à la tâche au grand mépris de leurs droits.

Les corrections du Probatoire de l’Enseignement Secondaire Général sont en cours depuis le mardi 5 Juillet, soit un peu plus d’une semaine après la phase écrite. L’Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) qui organise cet examen recommande que chaque correcteur ne puisse corriger que 50 à 60 copies par jour. Question de rendre ces corrections aussi objectives que possible et de mettre toutes les chances du côté des candidats. Ce qui est une bonne chose. Cependant le correcteur des mathématiques ou de physique ne met pas autant de temps sur une copie que celui de français ou de l’éducation à la citoyenneté et à la morale.

Par ailleurs, c’est au même moment que débutent les délibérations du Baccalauréat du même ordre d’enseignement et ce sont les mêmes enseignants qui sont convoqués à ces examens. Ce qui trouble forcement le déroulement de l’un et de l’autre. Pourquoi convoquer rien que les mêmes à tous les examens alors que d’autres, par centaines, sont réduits au chômage en ce moment ?

Pourtant les corrections du Baccalauréat sont finies il y a plus de deux semaines aujourd’hui et l’écrit il y a plus d’un mois.

L’on fait croire que si les délibérations ont tardé à commencer c’est parce que les correcteurs n’ont pas toujours reçu les frais liés à ces corrections. Cette situation est assez fréquente. Que se passe-t-il donc à l’OBC ?

Selon des sources bien introduites à l’OBC, l’explication est que le Ministre des Finances ne débloque pas l’argent à temps et c’est ce retard qui se répercute sur tout le déroulement des examens. Pourquoi cela n’arrive-t-il que quand il s’agit des enseignants ? Qu’est-ce qui justifie un tel mépris de l’éducation ?

Relevons que dans le sous-système anglophone la période des examens est considérée comme des missions où le paiement se fait en respectant rigoureusement la règlementation en vigueur. Les enseignants de ce sous-système l’ont obtenu de haute lutte. En 1993, ils ont refusé de corriger les General Certificate of Education Ordinary level et Advance level (GCE OL et AL). Le gouvernement a infiltré le groupe en mettant à la disposition d’un individu des moyens de transport. Celui-ci a volé toutes les copies dans la nuit et les a apportées à Yaoundé où elles ont été corrigées par des élèves professeurs qui attendaient de recevoir leurs diplômes de sortie de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) contre des frais exorbitants. Face à cette situation, les enseignants du sous-système anglophone ont vivement protesté en qualifiant ces correcteurs de « unqualified markers » et en refusant de valider ces résultats. Le gouvernement aura été obligé de se plier et de refaire corriger ces examens après avoir fait les réformes dont les principes régissent le GCE Board( l’équivalent de l’OBC dans le sous-système francophone) aujourd’hui.

Dans le sous-système francophone, les enseignants sont payés à la tâche comme de véritables manœuvres. On fixe le taux de paiement d’une copie corrigée unilatéralement et les missions n’obéissent pas à la réglementation en vigueur. Un missionnaire de l’OBC reçoit un taux forfaitaire sans savoir à quoi cela correspond. Il en va de même de tous les autres examens relevant de ce sous- système. Et même jusque-là les abus persistent.

Auparavant, quand les enseignants finissaient de corriger, ils recevaient l’argent des corrections qui était et est toujours insignifiant. Comme les frais de délibérations étaient plus insignifiants encore et le sont toujours, on a pris la mesure selon laquelle on avançait au correcteur la moitié des frais de correction afin de le contraindre d’assister plus tard aux délibérations. Et c’est après cela qu’on lui reversait le reste des frais de correction et les quelques menus 6000 FCFA des délibérations.

Aujourd’hui, les corrections finissent, rien ne leur est payé. Les délibérations doivent maintenant commencer.

Cependant, à la moindre incartade les sanctions sont souvent très lourdes et révèlent l’importance( ?) que l’on accorde aux examens. Quelle injustice et quel mépris tant de l’éducation que des enseignants !

Pourquoi ne pas agir comme les collègues du sous-système anglophone en refusant de corriger et de délibérer ?

Pourquoi ne pas exiger d’être traité selon la réglementation en vigueur au lieu d’être traité comme des ouvriers à la tâche ?

Pourquoi ne pas exiger l’application intégrale du statut particulier des enseignants signé pourtant depuis 16ans par le Président de la République ?


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